Dans la terminologie du Coran, le terme zakat est défini comme suit : « Une portion déterminée du revenu personnel d’un musulman et de toute propriété en sa possession qui est assujettie à la zakat, payable annuellement aux pauvres au sein de la communauté musulmane.  La zakat constitue le principal outil économique pour établir la justice sociale et mener la société musulmane à la prospérité et à la sécurité».

Ainsi, on note clairement que la zakat n’est pas une taxe prélevée par le gouvernement ni une contribution de charité faite de manière volontaire.  Il s’agit d’un commandement de Dieu envers les musulmans et, en tant que tel, constitue une forme de pratique religieuse.  En fait, il s’agit d’un acte d’adoration tenu en si haute estime que le Coran la mentionne fréquemment en même temps que la prière obligatoire.  La prière obligatoire est un acte d’adoration sous forme de mots et d’actes, tandis que la zakat est une pratique qui touche les biens du croyant.

« Certes, ceux qui croient, font de bonnes œuvres, accomplissent [assidûment] leurs prières et acquittent la zakat, leur récompense est auprès de leur Seigneur; ils n’auront rien à craindre et ne seront point affligés. » (Coran 2:277)

« Voici les versets du Livre plein de sagesse.  C’est un guide et une miséricorde pour les bienfaisants, pour ceux qui accomplissent assidûment la prière, acquittent la zakat et croient fermement en l’au-delà.  Ceux-là sont guidés sur la bonne voie par leur Seigneur, et ce sont eux les bienheureux. » (Coran 31:4)

La zakat est l’un des cinq piliers de l’islam.  Ainsi, pour s’acquitter de l’un des principaux fondements de la religion, on procède à l’évaluation de ses biens une fois par an.  Si les biens dépassent un certain montant, obligation est faite  à tous les musulmans, hommes et femmes, d’en distribuer une portion déterminée à ceux qui sont dans l’indigence et dans le besoin.  Tout comme beaucoup de mots utilisés par Dieu dans la Coran, le mot zakat peut avoir plusieurs significations. On peut le traduire par charité, aumône, dîme; il ajoute cependant à tous ces sens une racine étymologique plus profonde et plus riche qui signifie « pureté » ou « purification ».

Celui ou celle qui acquitte la zakat purifie son cœur de l’égoïsme et de la cupidité et développe une compassion envers les pauvres et les nécessiteux.  Pour ceux qui la reçoivent, la zakat purifie leur cœur des sentiments d’envie et de haine envers les plus riches et plus prospères et encourage un sens de bienveillance et de désir de réussite entre frères. La zakat possède une profonde signification spirituelle, mais son objectif est également économique.

Les musulmans croient que toute chose appartient à Dieu et que nous, êtres humains, sommes de simples administrateurs des biens qu’Il nous confie.  Les biens devraient être produits, distribués, acquis et consommés d’une manière qui plaît à Dieu. Tout musulman considère que sa condition, dans ce monde, est un test de Dieu. Les plus fortunés ont l’obligation d’être généreux et charitables et les moins fortunés ont l’obligation d’être patients, d’œuvrer à améliorer leur situation et de ne pas faire preuve d’envie ou de jalousie.  Dieu souligne bien que la place ultime d’une personne, dans l’au-delà, n’est pas déterminée par sa fortune ou les biens qu’elle possède, mais par sa piété, son caractère et son comportement.

« Il dispense largement Sa subsistance à qui Il veut, et Il la restreint (à qui Il veut).  Et Il est certes Omniscient. »(Coran 42:12)

« C’est Lui qui a fait de vous des héritiers sur terre et qui a élevé certains d’entre vous au-dessus des autres, afin de vous éprouver par ce qu’Il vous a donné. » (Coran 6:165)

      La zakat à une valeur à la fois humanitaire et socio-politique.  Elle a été conçue par notre Créateur afin de redistribuer les ressources et encourager la responsabilité sociale.  Lorsque la zakat est collectée et redistribuée comme il se doit, elle minimise les besoins des citoyens jusqu’à faire disparaître complètement la pauvreté et d’indigence au sein de la communauté musulmane.  Il a été rapporté, et c’est également bien documenté, qu’à certaines périodes de l’histoire de l’islam, aucune personne, quelle que fût sa religion, ne possédait de revenus inférieurs au montant la qualifiant pour être prestataire de la zakat.  Il y avait assez d’argent et de biens en circulation pour assurer un niveau de vie adéquat à chacun.

Qui donc se qualifie pour recevoir la zakat?  Dieu a décrété que la zakat doit être distribuée à certaines catégories de personnes.

« Les aumônes ne sont destinées qu’aux pauvres, aux indigents, à ceux qui sont chargés de les administrer, à ceux dont le cœur est à gagner à l’islam, à l’affranchissement des esclaves, à ceux qui sont lourdement endettés, aux dépenses pour la cause de Dieu et aux voyageurs (une personne en déplacement coupée de toute ressource).  C’est là un décret de Dieu.  Et Dieu est Omniscient et Sage. » (Coran 9:60)

Dieu mentionne huit (8) catégories de personnes.

1.    Les pauvres – ceux qui peuvent subvenir à leurs besoins de base, mais qui n’ont pas de fortune personnelle ni de gagne-pain assuré.

2.    Les indigents – ceux qui sont extrêmement pauvres et qui n’arrivent même pas à subvenir à leurs besoins de base.

3.    Ceux qui sont chargés de collecter et d’administrer la zakat (indépendamment de leur fortune personnelle).

4.    Ceux qui se sont récemment convertis à l’islam ou qui songent à se convertir.

5.    La zakat peut être utilisée pour affranchir des esclaves.

6.    Une personne dont les dettes dépassent les actifs dont elle dispose.

7.    Ceux qui sont loin de chez eux et qui travaillent au service de Dieu.

8.    Un voyageur immobilisé quelque part ou perdu et qui a besoin d’assistance financière.

Une personne tenue de payer la zakat est exclue de la liste des récipiendaires.  La zakat peut être directement distribuée aux individus ou elle peut être versée à un organisme ou une association veillant au bien-être social.  C’est alors à l’organisme ou l’association en question de la distribuer, à sa discrétion, à ceux qui la méritent.

Un contributeur ne doit pas rechercher l’éloge ou la renommée en accomplissant ce qui constitue un devoir islamique.  En fait, il devrait s’acquitter de la zakat de manière très discrète afin d’éviter toute fierté ou arrogance qui causeraient l’annulation de ses bonnes actions. Dans certaines circonstances, la divulgation des contributions pourrait cependant encourager d’autres à rivaliser en générosité.

L’islam est une religion qui encourage la générosité et la zakat n’est qu’un des moyens qui encourage cette qualité dans notre vie de tous les jours.  L’un des principes les plus importants, en islam, est le fait que tout appartient à Dieu; les biens et les richesses sont donc à notre disposition afin qu’on en bénéficie et qu’on les distribue aux autres.  Du point de vue du 21e siècle, la zakat peut être considérée comme une forme permise d’assurance.  Celui qui paye la zakat ou qui en bénéficie de manière licite et honorable en retire plusieurs avantages, incluant de faire plaisir à Dieu, bénéficier de Son pardon et recevoir Sa bénédiction.  Dans ses hadiths, le prophète Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) nous rappelle aussi que les dons de charité protègent des calamités.

« L’exemple de ceux qui dépensent leurs biens dans le sentier de Dieu est semblable à un grain d’où naissent sept épis renfermant cent grains chacun.  Dieu multiplie la récompense de qui Il veut. » (Coran 2:261)

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