La Zakat : le calcul

1- La Zakat sur les produits agricoles :

Le nisâb correspond à cinq wasq-s, soit l’équivalent approximatif de 610 kilogrammes de denrées mesurables et stockables, telles que les dattes, le blé, etc.

a- Son taux est évalué à 5% du total de la récolte, pour les terres irriguées au moyen d’une machine, telles que les dattiers domestiques et les terrains irrigués à l’eau des puits, etc.

b- Son taux s’élève à 10% du total de la récolte, si la terre est irriguée sans coût, c’est-à-dire par l’eau de pluie par exemple.

La Zakat sur les produits agricoles est exigible le jour de la récolte ou de la moisson.

2- La Zakat sur les billets de banque :

Son nisâb correspond à l’équivalent de la plus petite valeur du nisâb de l’or ou de l’argent. Comme de nos jours, cette valeur est celle de l’argent, alors le nisâb des billets de banque est l’équivalent du prix de 595 grammes d’argent. Par exemple, si le gramme d’argent est à un riyal par exemple, alors le nisâb des billets de banque sera : 595 X 1 = 595 riyals.

La somme due sera le quart du dixième, soit le taux de 2,5% du montant total.

Cette Zakat est exigible dès que les billets de banque sont possédés depuis une année lunaire. Pour faciliter le calcul de la somme exigible, il vaudra mieux fixer un jour de l’année comme date d’échéance de cette Zakat, où le musulman calcule ce qu’il possède en espèces, ce qui comprend son salaire, les revenus des biens immobiliers qu’il donne en location et qui ne sont pas destinés à la vente, ainsi que l’argent en liquide déposé sur son compte bancaire. Il en déduit les dettes qu’il doit rembourser, puis applique au résultat un taux de 2,5%.

3- La Zakat sur les marchandises :

Les marchandises sont les articles que possède le musulman avec l’intention de les vendre. Cette Zakat n’est donc pas applicable aux articles qui ne sont pas destinés à la vente. Le nisâb des marchandises, qui est en proportion de leur valeur, est le même que celui des billets de banque. Partant, dès que la valeur des marchandises atteint celle de 595 grammes d’argent, elles seront soumises à une Zakat.

La somme due est 2,5 pour cent de la valeur des marchandises possédées depuis un an lunaire, selon les prix du marché. En calculant la Zakat, c’est le prix de vente qui est pris en compte, qu’il s’agisse d’une vente en gros ou en détail.

4- La Zakat sur les actions des sociétés :

a- Au cas où ces actions ont été achetées pour les investir et en tirer bénéfices : si la compagnie se charge de verser la Zakat, comme c’est le cas du marché saoudien, alors le propriétaire des actions ne sera pas redevable d’une Zakat, mais si ce dernier doute que la compagnie la verse en totalité, alors il doit payer de quoi libérer sa conscience. Si la compagnie ne se charge pas de verser la Zakat, alors le propriétaire des actions doit évaluer la Zakat en proportion de la valeur des biens existants. Si cette évaluation lui est difficile, il est plus prudent pour lui de calculer un taux de 2,5% de la valeur comptable des actions qu’il possède, après avoir déduit les actifs immobilisés. La valeur comptable d’une action consiste en les droits des actionnaires divisés par le nombre des actions émises.

b- Au cas où l’actionnaire achète les actions pour les revendre ou spéculer, en profitant de la différence de prix entre l’achat et la vente, il est redevable d’une Zakat similaire à la Zakat sur les marchandises, c’est-à-dire que si ces actions sont possédées depuis une année lunaire, il doit payer un taux de 2,5% de leur valeur.

5- La Zakat sur les fonds d’investissements :

Quiconque possède des unités dans un fonds de ce genre est redevable d’une Zakat, à moins que son gérant soit chargé de verser la Zakat au nom des actionnaires.

La Zakat sur les unités des fonds d’investissement est assimilée à la Zakat sur les marchandises, à raison d’un taux de 2,5% de leur valeur après l’écoulement d’une année lunaire, tout en en déduisant les biens existants qui ne sont pas soumis à Zakat, tels que les actifs immobilisés et éventuellement les actifs destinés à la location.

6- La Zakat sur les terrains :

a- Au cas où le terrain ait été acquis suite à un héritage, un don ou un achat, son propriétaire sera redevable d’une Zakat, à raison du quart du dixième de sa valeur, à condition qu’il ait l’intention de le vendre pour profiter de son prix et qu’il le possède depuis une année lunaire.

b- Si, en l’acquérant, son propriétaire n’a pas eu l’intention de le vendre, parce qu’il désire s’y faire construire une maison, un gîte ou une ferme, il n’est pas redevable d’une Zakat.

c- Cependant, si son propriétaire a l’intention de le louer ou d’y construire un bâtiment destiné à la location, la Zakat est exigible non pas sur la valeur du terrain, mais sur son revenu provenant du loyer.

7– La Zakat sur les participations immobilières :

a- Selon la règle de base, une Zakat est exigible sur les fonds déposés dans ces participations, ainsi que sur les bénéfices qu’elles engendrent. Chaque actionnaire est redevable d’une Zakat à part, en proportion de la valeur de sa part après une année lunaire, qu’elle soit devenue supérieure ou inférieure au capital.

b- Les participations en faillite qui ne peuvent être liquidées, de sorte que les actionnaires deviennent incapables de récupérer leur argent, ne sont pas soumises à une Zakat, à partir du moment où survient cette faillite.

8- La Zakat sur les dettes :

Concernant les créances :
a- Si la créance a été accordée à un débiteur solvable, le créancier est redevable d’une Zakat sur ses autres biens, mais il est autorisé à en reporter le versement jusqu’à ce qu’il soit remboursé. Dans ce cas, il doit effectuer un versement différé.

b- Si la créance s’avère irrécouvrable, du fait que le débiteur est insolvable, refuse de rembourser la dette ou tergiverse, aucune Zakat ne sera exigible, et s’il récupère son argent, le créancier sera redevable d’une Zakat un an lunaire après cette récupération (s’il n’y a pas touché pendant cette période). Et nul grief à lui faire s’il se contente de payer la Zakat pour une seule année lunaire sur cette somme recouvrée.
Concernant les dettes :
a- Si l’échéance de la dette intervient au cours de l’année rendant exigible la Zakat, son montant doit être déduit de l’assiette de cette dernière.

b- S’il la dette est différée, les jurisconsultes divergent concernant sa déduction de l’assiette de la zakat. Les uns estiment que la dette différée doit être déduite en totalité, les autres jugent qu’il ne faut pas la déduire. C’est ce dernier avis qui est prépondérant, et Allah, exalté soit-Il, sait mieux.

Exemple pratique :
Fixez un jour annuel où vous vous acquitterez de la Zakat, par exemple le premier jour du mois de Cha’bân. A l’avènement de ce jour préalablement fixé, calculez ce qui suit :

1- L’argent que vous possédez, soit sur votre compte bancaire soit en liquide ;
2- La valeur de marché des actions destinées à la spéculation ;
3- Le dernier cours des unités des fonds d’investissements que vous possédez ;
4- La quantité d’or et d’argent qui ne sont pas destinés à la parure des femmes, tels que les lingots d’or et les bijoux qui ne sont pas destinés à l’usage personnel ;
5- Les objets en or et en argent destinés à la parure (si on suit l’avis de ceux qui disent qu’ils doivent être soumis à la Zakat) ;
6- Les créances que vous avez auprès de débiteurs solvables ;
7- Tout ce que vous avez l’intention de destiner au commerce : des terrains, des maisons, du bétail, des articles dans un magasin, etc.

Ensuite, déduisez du total de la valeur des biens ci-dessus les dettes que vous devez rembourser au cours de l’année lunaire rendant exigible la Zakat, c’est-à-dire si par exemple vous avez acheté une maison à crédit et que cette maison coûte un million de riyals, vous ne déduisez pas le million en totalité de l’assiette de la Zakat, mais seulement les acomptes que vous devez verser avant la fin de l’année en question.

La somme qui restera après la déduction des dettes susmentionnées constituera la somme soumise à la Zakat, à raison d’un taux de 2,5%. Sachant que chacun des biens soumis à la Zakat peut être traité sur une base annuelle différente, c’est-à-dire que l’argent liquide aura une base annuelle différente des marchandises, etc.

Qu’Allah, exalté soit-Il, nous guide tous vers ce qu’Il aime et agrée.

Que la paix et la bénédiction d’Allah soient accordées à notre Prophète Mohammad, à sa famille et à ses Compagnons  élus.

Par : Sâlih Ibn Muhammad al-Fawzân

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