Comment sacrifier un animal ?

Alors, comment égorge-t-on un mouton (par exemple) ? Nous réalisons l’écrit ci-dessous à partir du document « halal » rédigé par l’équipe de Salafs.com.

Il est dit que pour que le sacrifice soit licite, 4 conditions doivent être réunies :

La première concerne l’état de celui qui égorge. En effet, il doit être doué de raison, et doit vouloir le faire. Ne sont donc pas concernés le fou, la personne ivre, et l’enfant en deça de l’âge de la responsabilité et du discernement, car pour ceux-là, on ne leur attribue pas d’acte délibéré ;

La deuxième concerne l’instrument utilisé. Il doit être très bien aiguisé, pouvant trancher ou transpercer en raison de son tranchant, et non de son poids. Qu’il soit en fer, en bois, en pierre, à l’exception de l’os et de l’ongle, avec lesquels il n’est pas permis de sacrifier ;

La troisième : couper la trachée et l’oesophage, tandis que couper les veines jugulaires n’est pas nécessaire, mais recommandé ;

La quatrième, la mention du nom d’Allâh au moment où la main va égorger. Il faut dire « Bismillâh » et aucune autre formulation n’est permise. Elle est obligatoire lorsqu’on s’en souvient, mais l’obligation disparaît en cas d’oubli, c’est là l’avis de la majorité des savants.

C’est ce que nous pouvions dire.

Quant à tourner la tête de l’animal en direction de la Mecque, voici une parole du shaykh Muhâmmad Ibn Sâlih Al ‘Utheymine à ce sujet. Il dit, nous citions :

« Les jurisconsultes ont mentionné qu’il était recommandé d’orienter la bête en direction de la Qibla (de la Mecque) si c’est l’adoration qui est visée à travers le sacrifice, comme pour l’immolation du ‘Îd (Al-Udhiyah) [communément appelé : la fête du mouton]. Quant au sacrifice pour la consommation de viande, ce n’est pas une adoration, il n’y a donc pas lieu de recommander l’orientation en direction de la Qibla. Et quoi qu’il en soit, même si le sacrifice est fait par adoration, l’orientation en direction de la Qibla n’est pas une condition de validité, contrairement à ce que pense le commun des gens. » [Sharh Bulûgh Al-Marâm, Livre des aliments, cassette n°6]

Nous citons encore (le texte de Salafs.com) afin d’éclairer la citation du dessus :

Il faut donc distinguer Ad-Dhakah qui désigne le sacrifice pour la consommation de viande et qui n’est pas une adoration (c’est-à-dire, tuer un animal afin de consommer sa viande, en dehors des occasions connues, simplement pour manger), de toutes les autres immolations qui sont des adorations comme Al-Udhiyah qui désigne le sacrifice réalisé le jour du ‘Îd, Al-Hadyî qui désigne le sacrifice réalisé lors du pèlerinage, Al-‘Aqîqah qui désigne le sacrifice réalisé à l’occasion d’une naissance, et d’autres sacrifices expiatoires.

La question centrale doit être celle du ménagement de la bête, en raison du hadith de Shaddâd Ibn Aws qui rapporte que le Messager d’Allah (prières et bénédictions de Dieu sur lui) a dit :

« Allah a écrit la bienfaisance en toute chose. Si vous tuez, faites-le de la meilleure façon, si vous sacrifiez, faites-le de la meilleure façon. Aiguisez bien la lame et ménagez la bête. »

Rapporté par Muslim.

Parmi les enseignements du hadith :

1 – Al-Ihsân désigne la maîtrise et le soin porté à l’acte, mais aussi la bienfaisance, et les deux sens conviennent dans ce hadith, car le fait de maîtriser l’abattage de la bête est une bienfaisance dont on fait preuve envers elle.

2 – « Ménager la bête » signifie amener le répit à la bête en passant rapidement la lame, et en ne la dépeçant que lorsqu’elle totalement morte.

3 – Parmi les formes de bienfaisance, celle dont on fait preuve lorsqu’on tue ou sacrifie, lorsque cela est nécessaire ; ceci en n’utilisant pas un instrument usé qui fera souffrir l’animal, mais un instrument tranchant que l’on doit affuter lorsqu’on veut sacrifier. On ménage ainsi la bête en la mettant rapidement à mort, ainsi Ibn ‘Umar rapporte que le Prophète (prières et bénédictions de Dieu sur lui) a dit, ce qui signifie :

« Lorsque l’un de vous sacrifie, qu’il se presse. »

[As-Sahîhah (3130)]

4 – Fait partie de la bienfaisance de ne pas sacrifier un animal devant son semblable, car il ressent cela et éprouve de l’effroi, et c’est là une forme de torture. An-Nawawî (un grand imam de l’époque qu’on ne présente plus) a dit : « Il est recommandé de ne pas affuter le couteau en présence de la bête, et de ne pas égorger l’une en présence d’une autre. »

5 – Fait partie de la bienfaisance de sacrifier le chameau en plantant le couteau dans le creux à la base du cou, entre le cou et la poitrine (An-Nahr), et d’égorger (AdDhabh) les autres animaux et oiseaux, car cela est plus facile et les fait mourir plus rapidement. Même si l’inverse est permis, il est meilleur d’agir de la sorte. Al-Buhûtî a dit : « Il est meilleur de pratiquer An-Nahr pour les camélidés et Ad-Dhabh pour les ovins, bovins et autres ; mais inversement Ad-Dhabh est permis pour les camélidés, et An-Nahr pour les ovins et bovins, car cela ne dépasse pas l’endroit où le sacrifice doit être pratiqué. » Shaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah a dit : « L’égorgement est permis, qu’il soit pratiqué au-dessus ou en-dessous de l’épiglotte qui est la partie saillante de la gorge. »

6 – Fait partie de la bienfaisance, de coucher l’animal sur son flanc gauche, si celui qui sacrifie est droitier, ou sur son flanc droit, si celui qui sacrifie est gaucher, car c’est de cette manière qu’on va ménager la bête. Ainsi, en couchant l’animal sur son flanc gauche, le droitier pourra facilement l’égorger en mettant sa jambe sur son cou et en tenant la tête, alors que de ce côté cela sera difficile pour le gaucher et pour la bête, c’est pourquoi il la couche, lui, sur son flanc droit. [Sharh Bulûgh Al-Marâm, Livre des aliments, cassette n°6]

7 – Ne fait pas partie de la bienfaisance d’attacher les pattes de la bête, sauf si on ne peut la maîtriser que de cette façon, sinon on doit la laisser bouger, car cela est meilleur pour elle et plus à même de la vider de son sang. [Sharh Bulûgh Al-Marâm, Livre des aliments, cassette n°6]

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